خِطَابُ العَامِ الْمُخَصَّصِ لِلأَطْفَالِ بِالفَرَنْسِي
Discours Français de l’Année de l’Enfant
Excellence Madame la Ministre, la représentante de Son Excellence le Président de la République et de son épouse, Excellence Messieurs les Ministres, Messieurs les Ambassadeurs, Messieurs les membres du Conseil supérieur de l’Appel islamique international, Monsieur le représentant de Son Éminence le cardinal Hyacinthe Thiandoum, Mesdames et Messieurs, Assalamu Aleykum wa Rahmatullahi Ta’alaa wa Barakaatuhu.
Le monde islamique est secoué aujourd’hui par de multiples crises : crise de foi, crise de culture, crise économique et crise d’identité. Mais une crise s’est toujours présentée en générant des facteurs de solution. Certes, facteur ne peut être plus indiquant que l’éducation ? L’éducation en tant que système, en tant que théorie, en tant que loi d’orientation, en tant que vocation. Mais l’éducation, pour qui et pourquoi ?
Dans une société comme la nôtre, l’effondrement des interdits, le recul de la religion, la démission des parents et des enseignants, le laxisme des adultes ont créé chez les enfants l’angoisse éternelle de l’excessive permissivité. « Tout est permis », nous dit un grand éducateur. Face à ce spectacle douloureux, les faits nous interdisent de sous-estimer les terribles défis que font peser sur nous les enfants de cette société.
C’est pour cela qu’un cri d’alarme est lancé au nom de tous les enfants du monde, ces enfants qui méritent de notre part beaucoup plus d’attention. Dans ce contexte, l’idée d’organiser une année de l’enfant devient une nécessité absolue. Depuis l’année de la femme en 1987 et l’année de la jeunesse qui vient de s’achever, le Dahiratoul Moustarchidina Wal Moustarchidaty a toujours joué ce rôle d’avant-garde qui a permis aux jeunes de notre génération de recoller encore une fois les morceaux d’une identité déchirée.
Une jeunesse, dans un pays, est un tissu qui permettra aux bons tailleurs de réaliser une conception sur mesure, c’est-à-dire une éducation à la dimension de l’homme. L’enfant représentera alors un atelier d’apprentissage où tous les jeux de perfectionnement seront autorisés.
Quelqu’un nous dit ceci : « Donnez-moi de meilleures mères, je vous donnerai un meilleur monde ». Cela veut dire qu’une société modèle ne peut s’édifier qu’avec la femme et par la femme. Cette mère qui est beaucoup plus en relation avec la nature que l’homme, car sa nature à elle, c’est de mettre au monde. Bien sûr, la nature ne peut se concevoir dans un vide. La femme aussi a toujours horreur d’un environnement sans enfants.
En effet, les enfants sont un précieux aiguillon pour ceux qui tiennent entre leurs mains périssables le destin d’une société. Les parents, les enseignants, les éducateurs sont tous interpellés. Il ne s’agit plus d’ériger l’école en centrale mécanique ou en une énorme machinerie qui risque d’être aussi inutilisable que coûteuse. Vouloir faire du moderne ne veut pas dire faire de la modernité un traumatisme. Et il faut craindre le jour où les écoles seront remplacées par des maisons de retraite.
L’école heureuse n’est pas celle qui se suffit du bonheur immédiat de l’enfant. Et d’ailleurs, l’épanouissement n’est-il pas un processus ? Je crois que oui. Vous constatez de vous-même qu’on utilise aujourd’hui de gros moyens en petits gadgets, alors que l’éducation de nos enfants reste fermée à jamais ?
La création d’une jeunesse saine ne peut être obtenue que par le mariage de l’école et de l’éducation. Ce sera certes un mariage forcé dont le divorce pénalisera la société tout entière. Qu’il soit parent ou enseignant, ils doivent savoir qu’entre la pédagogie de répression et la pédagogie de démission, il y a une troisième voie : celle de la pédagogie de confiance. Sans la confiance, tout risque d’être remis en cause.
L’éducation des enfants exige une technique plus que perfectionnée. Et pour s’épanouir dans un contexte social fait de contrastes, il faut nécessairement des méthodes soigneusement étudiées. Quelqu’un l’a déjà affirmé : il est évident que tout système d’orientation ou de formation n’aura guère de chance de survivre si l’on ne tient pas compte des adaptations que crée une vie toujours en marche.
Dans ce contexte, le passé et l’avenir ne sont pas prioritaires, seul le présent compte. C’est une belle occasion alors de recevoir, mûrir et, par une volonté irrésistible, de passer à l’action. Le manque de moyens ne peut servir d’excuse à notre neutralité, à notre non-participation à l’éducation des enfants.
Un grand éducateur du pays, Cheikh Ahmed Tidiane Sy, nous dit ceci : « L’éducation, c’est avant tout notre foi dans un programme de diversité ». Donc, force nous est d’apporter le meilleur de nous-mêmes en plaçant ainsi la sécurité de nos enfants, garante de la sécurité du pays.
Et si aujourd’hui, l’espoir des femmes et des enfants ne se dirige que vers la révolte, alors là, les responsables n’ont plus le droit de se déclarer les héros face à un tel arsenal de déstabilisation et de dépersonnalisation.
Le poète Ahmad Chawqi avait raison en nous livrant cet enseignement :وَإِنَّمَا الْأُمَمُ الْأَخْلَاقُ مَا بَقِيَتْ فَإِنْ هُمُ ذَهَبَتْ أَخْلَاقُهُمْ ذَهَبُوا. C’est-à-dire : une race, ce sont ces qualités qui la personnifient. Si les bonnes qualités s’en vont, la race s’en va avec elles.
L’Imam Ghazali, dans son livre « Ayyuhal Walad », disait en s’adressant à tous les enfants de la foi : « Mon fils, parmi les conseils donnés par le Prophète de l’Islam, on trouve cette sentence : lorsqu’un homme a l’esprit préoccupé de soucis sans importance pour lui, c’est le signe que le Très-Haut abandonne son serviteur. Celui qui perd une heure de son existence dans des recherches pour lesquelles il n’a pas été créé mérite que Dieu prolonge ses regrets. Celui qui dépasse la quarantaine sans que ses bonnes actions l’emportent sur les mauvaises, celui-là ne mérite pas la confiance de Dieu. »
Pour conclure, je demande à tous et à toutes de partager avec nous cette noble tâche qui nous interpelle tous, car c’est le Sénégal de demain que nous devons préparer. Le dessein est grand, certes, et les moyens font défaut, mais avec l’aide de Dieu, nous y parviendrons.
Je ne termine pas certes, sans présenter une motion de remerciement au chef de l’État, le Président Abdou Diouf, et à son épouse, représentés ici par la ministre délégué auprès du Président de la République chargé de la condition de la femme et de l’enfant, la professeure Ndioro Ndiaye, qui a bien voulu présider cette cérémonie d’ouverture.
Nous remercions aussi nos hôtes étrangers, membres du Conseil supérieur de l’Appel islamique, pour leur aimable participation. Ces remerciements vont également aux parents des enfants et à tous les invités ici présents.
Certes, une motion spéciale sera adressée au représentant de Son Éminence le cardinal Hyacinthe Thiandoum, qui a toujours su s’intéresser à toutes les activités dans notre mouvement Al Moustarchidine Wal Moustarchidate.
Nous disons à tous et à toutes : Chukran Lakum, un grand merci. Wa Salaamu Aleykum wa Rahmatullah wa Barakaatuhu.